Qui dit arrivée du mois de septembre, dit lancement des grandes aventures européennes pour les clubs engagés sur notre continent. À partir de cette année, nous devrons nous habituer à voir la Ligue des Champions et l’Europa League démarrer plus tôt que par le passé, compte tenu de la fusion des deux désormais anciennes trêves internationales de septembre et d’octobre en une plus longue pause à cheval sur les deux mois. La Belgique a réussi son poker gagnant pour 2026-27, envoyant ses cinq représentants dans les différentes phases de ligue des trois tournois de l’UEFA. Et si Bruges affrontera des noms plutôt connus de la scène continentale, il était attendu que l’Union, Anderlecht, Gand et Saint-Trond ajoutent quelques déplacements dépaysants à ceux déjà vécus du côté des Hammarby, Cherkasy, Kairat Almaty et Omonia Nicosie. Quelques nouveaux se sont aussi invités au gratin de la Champions League pour la première fois de leur histoire. Comme ces deux dernières saisons à la même époque, partons à la rencontre de quelques uns de ces noms méconnus du public belge.
Viking Stavanger :

L’Europe entière connaît déjà Bodø/Glimt, qui s’est offert une nouvelle aventure pour la C1, au détriment de l’Union Saint-Gilloise, et qui avait déjà surpris son monde avec quelques épopées en Europe ces dernières années. Après le tout aussi étonnant quart de finale de la Norvège à la Coupe du Monde 2026, voilà que son football confirme sa nette attention avec la présence d’un deuxième club en groupes de Champions League, et ce pour la première fois au XXIème siècle.
Le Viking Stavanger, c’est l’un des géants du championnat de Norvège, lequel a été endormi pendant de longues années. Personne n’a évolué plus de saisons en Eliteserien que lui, et seul Rosenborg surpasse ses 9 titres de champion. Le club surnommé De Mørkeblå (les bleu marine), dont l’âge d’or remonte aux années 1970, vient de sortir d’une longue traversée du désert, due notamment à des problèmes financiers, lesquels ont précipité une relégation en 2017. Le redressement ne s’est toutefois pas fait attendre ; le retour dans l’élite a été immédiat, et en 2019, le Viking remportait la Coupe de Norvège. Après deux troisièmes places en 2021 et 2024, le titre revenait enfin à Stavanger en 2025… 34 ans après le précédent. Le Viking espérera maintenant pouvoir se payer le scalp d’une pointure européenne, comme il l’avait fait en Coupe UEFA contre le Sporting Portugal en 1999 et Chelsea en 2002.
Sabah FK :
Un club récent à l’ascension fulgurante, créé dans la ville de Masazir, sur la côte de l’Azerbaïdjan, par le groupe d’investisseurs Bridge Group of Companies, lequel oeuvre dans les domaines du management, de la construction, de l’Horeca, de l’entreposage et de l’agriculture. Ce club fondé en 2017 a été intégré directement à la deuxième division du pays, et à peine un an plus tard, il évoluait déjà parmi l’élite, aucune des équipes classées devant lui n’ayant parvenu à obtenir de licence. C’est l’une des écuries les mieux financées de son championnat – bien qu’elle ne soit pas associée à l’État azéri par les supporters de ses rivaux – et après avoir gagné une première qualification européenne en 2023, puis une première coupe en 2025, Sabah met fin à l’hégémonie de Qarabağ en s’adjugeant le doublé la saison dernière. Les Hiboux, qui ont troqué il y a trois ans le bleu et le blanc de leur maillot pour le rose du lac de Masazir, ont écrit l’histoire du football azéri en devenant seulement son deuxième club à atteindre la poule de la Champions League.

Hapoel Be’er Sheva
L’Hapoel Be’er Sheva n’est pas le nom le plus ronflant du football israélien, ni l’une de ses franchises historiques. Pourtant, c’est un habitué des coupes d’Europe, et un club en vogue au jour d’aujourd’hui. Il s’est extrait de l’ombre des clubs d’Haïfa et de Tel-Aviv au coeur des années 2010 et mange désormais à leur table, même si son palmarès (6 titres et 4 coupes), bien que respectable, le laisse encore loin des trois mastodontes de la Ligat HaAl.

C’est sous la présidence d’Alona Barkat, fille du milliardaire Eli Barkat, que l’Hapoel s’est extirpé de la deuxième division et des difficultés financières, puis s’est propulsé vers des sommets encore jamais atteints. Depuis 2015, le club de la ville de Beersheba a remporté 4 titres de champion, 3 coupes, a terminé 3 fois dauphin du championnat, et 2 fois finaliste de la coupe. Cette saison marque une treizième participation consécutive en Europe pour le champion d’Israël en titre, qui, 10 ans plus tôt, avec réussi l’exploit de passer l’hiver en s’extrayant d’un groupe d’Europa League composé de l’Inter Milan (qu’il a battu deux fois) et Southampton. L’Hapoel était aussi le premier club hébreu à évoluer en compétition européenne, et ce bien avant l’affiliation de l’état d’Israël à l’UEFA. C’était en Coupe Intertoto 1976, et il avait même croisé la route du Standard.
Jagiellonia Białystok
Comme l’Hapoel, Jagiellonia Białystok a dû attendre le XXIème siècle pour se faire une place au soleil dans le paysage footballistique de son pays. Le club surnommé Jaga était à l’origine une équipe de foot fondée par le 42ème Régiment d’Infanterie de l’Armée polonaise, lequel était stationné à Białystok, et il doit son nom à la dynastie des Jagellon, laquelle avait régné sur une partie de l’Europe centrale et du nord-est du XIV au XVIIIème siècle. Plusieurs de ses joueurs avaient pris part à la Guerre soviéto-polonaise.

Pendant de longues années, Jagiellonia Białystok n’était qu’une modeste équipe qui faisait régulièrement le yo-yo entre les différentes divisions inférieures ; ce n’est qu’en 1987 qu’il accède à l’élite pour la première fois, et jusqu’en 2007, date de sa dernière promotion, il n’avait évolué que cinq ans en Ekstraklasa. À l’heure qu’il est, Jagiellonia fait la fierté du nord-est de la Pologne dont il est devenu le porte-drapeau, et joue dans un stade flambant neuf pouvant contenir presque 22.400 spectateurs. Après avoir étrenné son palmarès en 2010 en remportant la Coupe de Pologne, Jaga participe à l’Europe pour la première fois, et en 2024, il décroche le titre de champion à la surprise générale, coiffant le Śląsk Wrocław avec lequel il avait terminé à égalité de points, mais en ayant pris le meilleur sur lui lors des confrontations directes.
OFI Crête

L’OFI Crête est l’un des rares clubs insulaires professionnels du continent européen. Et bien que la ville d’Héraklion soit nichée à quelques 200 kilomètres au large des côtes de la Grèce métropolitaine, elle possède l’équipe la plus régulière en Super League qui ne soit pas issue des régions d’Athènes et de Thessalonique.
À dater de 2026, l’OFI est la seule pointure de l’île à avoir évolué sur la scène européenne, et également son club le plus titré avec deux succès en Coupe de Grèce, en 1987 et la saison dernière. Fondé en 1925 par des athlètes crétois, l’OFI, à l’instar de nombreuses divisions sportives grecques, est un club multisport ; il possède, en plus de son équipe de foot, un effectif professionnel de basketball, de volleyball, de waterpolo et d’athlétisme. L’acronyme OFI, en grec, fait référence à cette volonté de rendre le sport accessible à l’ensemble de la population d’Héraklion : il signifie le club des sportifs d’Héraklion.
KuPS
Oups… vous n’aviez peut-être jamais entendu parler du champion de Finlande en titre avant que le tirage au sort de la Conference League ne le place sur la route des Gantois cette saison. Pourtant, au moment d’écrire ces lignes, le club de Kuopion Palloseura occupe, aux côtés du HJK Helsinki, la meilleure place parmi les clubs finlandais au coefficient UEFA. Les Keltamusta (Jaune et Noir) vivent peut-être la période la plus glorieuse de leur existence, avec 3 de leurs 8 titres, et 3 de leurs 5 coupes gagnées après 2019 (le titre de champion précédent remontait à 1976). Il se sont hissés à la quatrième place du palmarès de la Veikkausliiga, dont ils n’ont plus terminé en deçà de la troisième place depuis une décennie, et vont connaître une neuvième campagne européenne consécutive, la deuxième en atteignant une phase de groupes. L’an dernier, l’équipe de la ville de Kuopio, aussi septentrionale que la pointe sud de l’Islande, avait réussi l’exploit de passer l’hiver européen en partageant 2-2 sur le terrain de Crystal Palace, qui allait remporter la Conference League. Du jamais vu pour un club de ce pays nordique, qui sur la planète foot, reste souvent caché dans l’ombre de ses voisins scandinaves.

Iberia Tbilisi
Rien à voir avec l’Espagne ni la péninsule ibérique ; le premier adversaire à se déplacer au Stayen de Saint-Trond en Conference League était même nommé FC Saburtalo (le nom du quartier de Tbilisi duquel il provient) avant d’être rebaptisé FC Iberia 1999 il y a deux ans. Son nom actuel est directement issu de la firme Iberia Business Group, qui l’a racheté en 2005, et 1999 étant son année de fondation. Et à l’image du Sabah FK mentionné plus haut, son ascension a été fulgurante. 3 titres et 3 coupes de Géorgie depuis 2018, et le voici déjà à la troisième place du palmarès d’un championnat, qui, depuis l’indépendance de l’URSS, a été très largement dominé par le Dinamo Tbilisi. Les Aigles Rouges vont connaître leur sixième saison européenne depuis leur première participation en 2019, et ils deviennent le deuxième club géorgien à participer à une phase de groupe continentale. L’unique précédent datait de 2004-05, en Coupe UEFA, des oeuvres – sans trop de surprise – du Dinamo, qu’Iberia cherche à remplacer au sommet du Caucase.
