
Et voilà. L’été footballistique se termine, et les différents championnats sont sur le point de reprendre, petit à petit. Ce vendredi 8 août marque le coup d’envoi de l’édition 2025-2026 de la Challenger Pro League. Une édition qui sera légèrement modifiée par rapport à la précédente, avec la présence de 17 clubs, dont 4 formations espoirs, étant donné l’introduction – certes controversée – de quotas pour les formations U23. Ce système ne rendra certainement pas cet exercice plus calme que celui de la saison dernière, marqué par la faillite – certes triste, mais inévitable – de Deinze, et le final invraisemblable de la dernière journée de la phase classique (dont on redemanderait avec plaisir), compte tenu des recours envisagés par quelques clubs pour disqualifier le verdict de l’Autorité belge de la concurrence quant à la validation desdits quotas. En haut de tableau, toutefois, rien ne change : nous aurons toujours deux promus et un barragiste. Mais le pesant de la promotion vaudra bien moins lourd avec le passage à 18 équipes en D1A, et la levée de la suspension des sièges directement éjectables vers la deuxième division.
En neuf mois de compétition, j’ai eu la chance de suivre une soixantaine de matches depuis le bord des terrains l’an passé. Et même si DAZN a décidé, à l’heure qu’il est, d’adopter une autre couverture des rencontres de D1B, nous vous les ferons vivre avec la même passion et la même expertise qu’en temps normal. Voici ce qu’on peut déjà attendre de 2025-2026 dans l’antichambre de l’élite du foot belge, et bien entendu, je me mouillerai en mentionnant mes traditionnels pronostics pour les verdicts de fin de saison.
Courtrai et le Beerschot pour l’ascenseur
On l’a vu les années précédentes, une relégation est rarement suivie par un retour au premier plan dans les mois qui suivent ; depuis Malines en 2018-2019, aucun club relégué n’est parvenu à retrouver l’élite à la première tentative. Courtrai et le Beerschot ont pour objectif de modifier cette tendance. Malgré des départs inévitables, les Kerels pourront compter sur des gars qui ont déjà l’expérience d’une promotion vers la D1A, comme les Hens, Van Landschoot, Challouk, Ruyssen, et également les frères De Smet, fraîchement débarqués du Club NXT. Le Beerschot, lui, aura sans doute plus fort à faire, étant donné que la plupart des valeurs sûres de la campagne victorieuse de 2023-24 sont parties vers d’autres cieux. Ce sera aux Lukas Van Eenoo, Edisson Jordanov et l’éternel Ryan Sanusi de porter les Mannekes vers le sommet du classement.
Un trio et les U23 en opération rédemption, le pays de Waes veut encore gravir les échelons
Trois écuries se doivent de redorer leur blason au sortir du fiasco de l’exercice précédent. Les supporters du RWDM attendront leurs joueurs de pied ferme après avoir vécu le plus gros gâchis de l’histoire moderne du football belge au printemps dernier : trois balles de match non converties, et une élimination piteuse en demi-finale des playoffs. De plus, la direction en a pris pour son grade avec l’impopulaire rebaptisation du club en Daring Brussels, avant une soudaine volte-face. À Lommel, le noyau n’a pas trop bougé, le club cherchera juste à repartir de zéro. Les joueurs auront surtout à coeur de justifier leur valeur marchande, et démentir les accusations d’équipe surcotée dont ils ont souffert. Quant à Eupen, Mersad Selimbegović n’a pas obtenu de sursis après la piteuse dixième place en avril dernier. Les résultats devront aussi repartir à la hausse sous Bruno Pinheiro si Aspire ne veut pas voir sa cote de popularité chuter vers les mêmes abysses que John Textor et le City Football Group auprès des supporters de leurs clubs respectifs. Le noyau des Pandas se devra tout de même de démontrer qu’il est capable de suivre le rythme du haut de tableau.
L’instauration des quotas pour les U23 a semblé d’autant plus étonnante, qu’à l’exception du Club NXT et des jeunes de Gand, l’exercice 2024-2025 a été douloureux pour chacune des formations espoir engagées en D1B et D1 amateur. Les RSCA Futures ont connu de bien faibles premier et troisième tiers de saison. À l’échelon inférieur, le SL16, relégué un an plus tôt, a failli connaître une deuxième relégation de suite, tandis que les jeunes de Charleroi et de l’Union ont aussi disputé les playoffs contre la descente. Et enfin, que dire du Jong Genk qui est toujours sans victoire en CPL depuis octobre 2024 ? Les Racingmen, bons derniers pendant six longs mois, n’ont même pas pu se libérer après la garantie de leur statut au niveau pro. Quel visage les espoirs montreront-ils en sachant que, dès le début, leurs matches ne revêtiront pas le moindre enjeu ? L’exercice qui vient sera clé pour démontrer au public que ce statut « protégé » est tout sauf usurpé, et qu’ils méritent leur place en deuxième division.
Enfin, les deux rivaux waeslandiens regarderont davantage vers le haut après une bien belle fin de saison dernière. Beveren a eu un bilan de candidat au titre en 2025 dès l’arrivée de renforts de choix dans son secteur offensif, et Marink Reedijk a pu tous les conserver cet été. Lokeren, lui, avait été métamorphosé par l’aura et la mentalité de Radja Nainggolan, et avait atteint la finale des playoffs à la surprise générale. On devrait voir à nouveau les hommes de Stijn Vreven lutter dans la colonne de gauche dans l’exercice qui vient.
Ailleurs : stabilité pour le Patro Eisden et RFC Liège, objectif (encore) maintien pour les clubs wallons
Il est impossible de ne pas citer le Patro Eisden parmi les candidats à la montée. En mai dernier, les garçons de Stijn Stijnen remportaient les playoffs, avant de logiquement (et lourdement) chuter contre le Cercle de Bruges lors du barrage. Par surcroît, ils le faisaient sans véritable buteur, Keano Vanrafelghem ayant quitté le navire limbourgeois à la mi-saison. Le Patro ne semble pas trop déforcé, malgré les départs d’Abid et de Van Eenoo. Est-il par contre capable de franchir un palier ? Réponse dans quelques mois. Ce qui est sûr, c’est que ce Patro toujours bien affûté sera encore un véritable poison pour n’importe quel adversaire.
Le RFC Liège aussi, peut compter sur la continuité du projet de Gaëtan Englebert, qui, un peu comme son ancien partenaire au Club de Bruges, parvient à inspirer son groupe à de la constance dans ses résultats malgré la perte d’éléments importants. Les Sang et Marine pourront compter cette saison sur les services de Kylian Hazard, avec pour objectif de s’immiscer à nouveau dans la lutte pour le top 6.
Les voisins du RFC Liège devront faire face à un défi bien plus grand pour se maintenir à nouveau dans la division ; Seraing démarre de nouveau l’exercice avec un noyau bien étroit, et encore moins fourni au niveau pro suite au départ à la retraite de Nils Schouterden. Pape Fall, parti à la Louvière, et blessé durant tout le second tour précédent, n’a toujours pas été remplacé. Un défi de taille pour Kévin Caprasse pour sa première saison à la tête d’une formation senior professionnelle. L’un de ses principaux concurrents se nomme l’Olympic de Charleroi, de retour dans le football pro quatorze ans plus tard. Les Dogues, bien que renforcés par Kevin Kis et quelques ex-pensionnaires revanchards de la division, ne partiront pas avec les faveurs des pronostics pour éviter la culbute. Le club ne semble pas non plus tout à fait prêt pour le début du championnat ; le stade de la Neuville doit encore terminer quelques aménagements, ce qui contraint le club à trouver refuge au Mambourg jusqu’au mois de septembre. Enfin, plus loin dans le Hainaut, les Francs Borains espèrent connaître une saison plus tranquille sous les ordres d’Igor De Camargo.
Mes pronostics (au 8 août 2025) pour la fin de saison :
Promus en Jupiler Pro League : Courtrai et Beveren
Qualifiés pour les playoffs : RWDM, Beerschot, Patro Eisden et Lommel
Relégués en D1 amateurs : Seraing et l’Olympic de Charleroi