Quand les géants chutent sur la première marche : les plus grands fiascos de l’histoire de la Ligue des Champions

La nouvelle phase de ligue de la Ligue des Champions va connaître son dénouement ce mercredi 29 janvier. Et cette dernière journée du premier tour promet d’être intense comme elle ne l’a jamais été, avec un record de 18 rencontres en simultané, et du suspense à tous les étages. Car le principal mérite de cette nouvelle formule, c’est d’avoir rendu peu de verdicts avant le dernier match. Seuls deux des huit tickets directement qualificatifs pour les huitièmes de finale ont déjà trouvé preneur. Seize équipes peuvent encore prétendre à l’un des six autres. Et parmi les candidats au deuxième tour, il y en aura trois qui resteront sur le carreau mercredi soir. Trois qui pourraient bien comprendre un géant européen. En effet, Manchester City et le Paris Saint-Germain sont à la traîne dans cet unique classement, et, en cas de défaite, verront leur aventure européenne prendre fin. Ce qui serait un véritable cataclysme pour ces deux écuries aux moyens démesurés. Et même des clubs comme le Real Madrid, le Bayern et la Juventus ont mis du temps à valider leur ticket pour le second tour. Surprise ? Eh bien… sans doute, bien que même sous l’ancien format, avec des groupes de quatre, il arrivait presque chaque année que l’un des ténors passe complètement au travers de son tournoi.

Juste avant que ne viennent les dénouements de mercredi, c’est justement l’occasion de revenir sur les fiascos les plus retentissants ayant été concédés par les géants européens. Et vous verrez qu’à part peut-être le Real Madrid, personne n’a échappé à un énorme camouflet dans une campagne difficile.

Barcelone 1997-98 et 2021-22 :

La campagne européenne 1997-98 du Barça a été un gros couac dans une saison autrement brillante, puisque le club s’est adjugé le doublé Liga-Coupe du Roi. Mais il faut dire que sur la scène continentale, le club n’a pas su surfer sur la vague de son succès en Coupe des Vainqueurs de Coupes du printemps 1997. L’équipe, qui était certes orpheline de Ronaldo, mais venait d’engager Louis Van Gaal comme entraîneur, et pouvait compter des stars comme Rivaldo, Luís Figo, Luis Enrique, et même Pep Guardiola dans ses rangs, a subi un revers d’entrée à Newcastle, suivi d’un partage contre le PSV. Mais les deux matches suivants, contre le Dynamo Kiev, ont tourné à la véritable humiliation. Un revers historique 0-4 au Camp Nou, avec un hat-trick d’un certain Andriy Shevchenko, fut fatal aux ambitions catalanes. La campagne fut bouclée avec 5 points seulement, et une piteuse dernière place dans le groupe.

En 2021-22, le Barça, en proie à d’importants soucis financiers, et qui venait de voir Lionel Messi signer gratuitement au Paris Saint-Germain, a été versé dans une poule avec le Bayern Munich, sa bête noire, mais surtout une équipe de Benfica qui a profité à merveille de la fébrilité catalane. En quatre rencontres face à ses deux concurrents, le Barça n’a pas marqué le moindre but et a concédé trois défaites sur la marque de 3-0, ce qui l’a privé d’une participation aux huitièmes de finale pour la première fois en 18 ans. Sa campagne s’est terminée avec à peine 2 petits buts inscrits.

Arsenal 1998-99, 1999-2000 :

La scène européenne a été le seul terrain sur lequel Arsène Wenger n’a jamais triomphé avec les Gunners. Le technicien français a même dû attendre plus de trois ans avant d’enfin franchir un tour dans une compétition continentale. Arsenal, champion d’Angleterre et vainqueur de la FA Cup en 1998, n’a terminé qu’à la troisième place de son groupe lors des deux premières participations à la Ligue des Champions ayant suivi ce doublé, en n’inscrivant que 8 points chaque fois. Deux énormes déceptions pour un groupe qui, emmené par Dennis Bergkamp, Patrick Vieira et Tony Adams, avait les capacités de briller en Europe. En 1998, les concurrents se nommaient Lens, le Dynamo Kiev et le Panathinaikos, et l’année suivante, c’est la Fiorentina qui a fait chuter les Londoniens.

AC Milan 1999-2000 :

Les années 1990 restent une décennie faste dans l’histoire du Milan AC. Les Rossoneri y ont connu 5 titres en Serie A et 4 finales de Ligue des Champions. En 1999, le club venait d’acquérir Andriy Shevchenko, tout en s’apprêtant à affronter Galatasaray, ainsi que Chelsea et le Hertha Berlin, tous deux qualifiés pour le bal des champions pour la première fois de leur histoire. Et le Milan AC, archi-favori de sa poule, a concédé deux buts, inscrits par Hakan Şükür et Ümit Davala, dans les cinq dernières minutes de son dernier match, en Turquie, alors qu’il menait pourtant 1-2. Ce dramatique revers l’a laissé bon dernier du groupe avec un maigre total de 6 points.

Juventus 2000-01, 2022-23 :

La Juventus n’a terminé qu’une seule fois dernière de son groupe de Ligue des Champions, lors de la saison 2000-01. Après un spectaculaire partage 4-4 à Hambourg en ouverture, suivi d’un succès contre le Panathinaikos, la Vieille Dame, coachée à l’époque par Carlo Ancelotti, a été trahie sur ses quatre rencontres suivantes par cinq exclusions, dont deux pour Zinédine Zidane, et plusieurs boulettes d’Edwin Van der Sar. Elle n’a plus pris que 2 points. Et il y a deux ans à peine, son bilan chiffré était le pire de son histoire en C1 : 3/18, à égalité dans son groupe avec le Maccabi Haïfa, qu’elle n’a devancé qu’à la seule différence de buts.

Bayern Munich 2002-03 :

Le Bayern n’a échoué à se qualifier de sa poule qu’à une seule reprise. Une grosse tache dans un exercice 2002-03 pourtant parfait sur la scène domestique, avec un doublé Coupe-championnat et un titre conquis avec 16 points d’avance sur Stuttgart, son dauphin. Un bilan de 2/18 indigne d’une équipe qui avait pourtant soulevé la Coupe aux grandes oreilles seize mois plus tôt, et qui venait de recruter Michael Ballack et Zé Roberto, tout en intégrant des stars montantes comme Philipp Lahm et Bastian Schweinsteiger dans son noyau A. Les bourreaux de l’époque se nommaient Milan AC, Deportivo La Corogne et le RC Lens.

Inter Milan 2003-04, 2020-21 :

Deux échecs sortent particulièrement du lot pour les Nerazzurri. D’abord, 2003-04. L’Inter, qui venait de dépenser de belles sommes pour se forger un noyau apte à atteindre les sommets, s’est imposé 0-3 à Highbury lors de la journée d’ouverture. Mais il a été ensuite incapable de prendre la mesure du Lokomotiv Moscou, avant de subir une véritable humiliation sur ses terres lors de la rencontre retour contre Arsenal (1-5), et de laisser filer dans les dernières minutes sur le terrain du Dynamo Kiev, la qualification au profit des Russes. Ensuite, 2020-21. L’Inter, emmené par Antonio Conte et Romelu Lukaku, allait reconquérir le Scudetto après 11 ans, et avait atteint la finale de l’édition précédente de l’Europa League. Il a terminé dernier de sa poule alors qu’il avait encore son sort en main lors de la dernière journée. La faute à d’autres Ukrainiens, ceux du Shakhtar Donetsk, qui les ont contraint à un triste 0-0 à domicile.

Manchester United 2005-06, 2011-12, 2023-24 :

Manchester United a été éliminé à cinq reprises au premier tour de la Ligue des Champions. Et même Alex Ferguson a connu une fois la disgrâce d’une dernière place dans son groupe, en 2005-06. Les Red Devils, qui n’avaient gagné qu’un seul match sur cinq, en n’inscrivant que 2 buts, devaient absolument s’imposer à Benfica lors de la dernière journée. Ils se sont finalement inclinés 2-1, et ont quitté la compétition sur un maigre bilan de 6 points. Six ans plus tard, United a terminé troisième d’une poule pourtant considérée comme l’une des moins relevées de son histoire européenne. Il n’a remporté que deux succès, contre la modeste formation roumaine d’Oțelul Galați. Un double partage, à nouveau contre Benfica, puis un spectaculaire 3-3 à Old Trafford contre Bâle, qui a battu ensuite les Red Devils au Sankt-Jakob Park, les ont condamné à un véritable camouflet, alors qu’ils avaient pourtant disputé trois des quatre dernières finales de la compétition.

Mais le plus grand des fiascos pour Manchester United en Champions League est survenu pas plus tard que la saison dernière. Dans une poule qui comprenait le Bayern, Copenhague et Galatasaray, les Red Devils d’Erik ten Hag n’ont remporté qu’une courte victoire, contre les Danois. Le reste, c’est 1 tout petit point sur les cinq autres matches, 15 buts encaissés, tout en laissant filer deux fois une avance de deux buts : au Danemark, puis en Turquie. Ce bilan de 4/18 égale le plus faible total de points jamais enregistré par un club anglais en groupes de Ligue des Champions.

Manchester City 2011-12, 2012-13 :

Les Citizens ont dû attendre quinze ans après l’arrivée du sheikh Mansour pour mettre la main sur la Coupe aux grandes oreilles. Et ils n’ont franchi le premier tour qu’à la troisième tentative. Man City n’a remporté que 3 de ses 12 matches lors de ses deux premières aventures, pour un maigre bilan de 13 points sur 36. Alors certes, les adversaires étaient coriaces. Le Bayern, Naples et Villarreal la première année, puis le Real Madrid, Dortmund et l’Ajax la deuxième. Mais toujours est-il que les résultats n’ont pas été à la hauteur des investissements opérés par les manitous émiratis, et c’est Roberto Mancini qui en a fait les frais. Une leçon d’humilité pour un club qui, à l’époque, était encore un nain sur la scène européenne, en dépit de son budget faramineux.

Chelsea 2012-13 :

À ce jour, Chelsea reste le seul club à s’être fait sortir au premier tour en tant que tenant du titre de la Ligue des Champions. Deux revers au Shakhar Donetsk, puis à la Juventus, ont précipité l’élimination des Blues dès le mois de décembre 2012, tout comme le licenciement de Roberto Di Matteo. La bande à Frank Lampard et John Terry s’est offert néanmoins un beau lot de consolation, puisqu’elle a décroché le titre en Europa League cinq mois plus tard.

Liverpool 2014-15 :

Parmi les trois fois où Liverpool a manqué le deuxième tour, la saison 2014-15 sort du lot comme étant la plus décevante. Pour leur première participation en Champions League depuis cinq ans, les Reds avaient été versés dans une poule qui comprenait le Real Madrid, tenant du titre, et deux adversaires plus qu’abordables avec Bâle et le Ludogorets Razgrad. Liverpool, qui nourrissait beaucoup d’espoirs à l’aube de la campagne, va très vite déchanter. La faute à une politique de recrutement désastreuse, symbolisée par le transfert de Mario Balotelli pour pallier au départ de Luis Suárez vers Barcelone. Battu à Bâle lors de la deuxième journée, Liverpool n’a ensuite pas fait le poids contre le Real Madrid, puis a concédé un partage gênant en Bulgarie. Et à Anfield contre les Suisses, dans une finale pour la deuxième place du groupe, les Reds sont passés complètement à côté de leur rendez-vous. Un coup franc de Steven Gerrard à neuf minutes du terme, dans ce qui était la dernière apparition de son capitaine emblématique en Ligue des Champions, n’a permis à un Liverpool, réduit à 10, de n’arracher qu’un partage 1-1 contre une équipe qui lui avait déjà joué le même tour douze ans plus tôt, dans des circonstances complètement folles. L’aventure s’est terminée par un bilan indigne de 5 points sur 18. Dix mois plus tard, Brendan Rodgers quittait le club.

Atlético Madrid 2022-23 :

L’Atlético Madrid n’a pas gardé un mauvais souvenir de ses éliminations au premier tour en 2009-10 et 2017-18, puisqu’il a décroché le titre en Europa League à la fin de ces deux campagnes. En revanche, il y a deux ans à peine, les Colchoneros ont totalement loupé leur aventure européenne. Après un succès initial contre Porto, les Madrilènes n’ont plus remporté le moindre match, et ont même été incapables d’inscrire le moindre but au Club de Bruges. Le résultat final fit état d’une dernière place comptant 5 points sur 18, pour ce qui est encore l’unique saison où l’Atleti n’a pas passé l’hiver européen sous Diego Simeone.

Autres mentions honorables : PSG 2004-05, Porto 2005-06, Valence 2007-08 (tous trois respectivement derniers derrière le CSKA Moscou, l’Artmedia Bratislava et Rosenborg), les zéros pointés de Marseille (2013-14) et Benfica (2017-18), le 2/18 de Dortmund en 2017-18, et la dernière place de Séville en 2023-24, après son dernier sacre en date en Europa League.

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