Les destinations exotiques du football européen – Partie 1

L’UEFA Europa League est de retour cette semaine, elle aussi dans un tout nouveau format. Anderlecht et l’Union Saint-Gilloise sont nos deux représentants dans la nouvelle phase de ligue d’une compétition qui a, elle aussi, à l’image de la Champions League, été contrainte d’évoluer vers une formule plus grande.

Nos clubs bruxellois disputeront chacun 8 rencontres lors de la phase de ligue cette saison : 4 à domicile et 4 à l’extérieur, contre 8 adversaires différents. Avec l’espoir de rejoindre la phase à élimination directe en cas de classement respectable.

Les Coupes d’Europe plus « petites » ont pour particularité d’offrir aux joueurs, mais aussi aux supporters, davantage de diversité dans leurs déplacements, notamment lors des premiers tours. Ils peuvent y affronter des clubs plus modestes, ou visiter des régions reculées de l’Europe. Et ce type de voyage est bien plus monnaie courante dans l’encore récente UEFA Conference League, laquelle donne accès à un nombre supérieur de clubs issus de petites nations.

Les adversaires d’Anderlecht sont, dans l’ordre chronologique de leur affrontement, Ferencváros, Real Sociedad, Ludogorets Razgrad, RFS. FC Porto, Slavia Prague, Viktoria Plzeň et Hoffenheim. Ceux de l’Union sont : Fenerbahçe, Bodø/Glimt, Midtjylland, AS Roma, FC Twente, OGC Nice, SC Braga et les Glasgow Rangers. Un bon mélange de matches de haut niveau, et d’hôtes et visiteurs hors du commun.

Mais qui sont ces clubs que les supporters connaissent parfois juste de nom, ou dont ils entendent parler pour la première fois ? Découvrons ensemble où ils – et leurs villes d’origine – se trouvent, et quelle est leur stature dans leurs championnats respectifs, dans un premier tour d’horizon de destinations exotiques de notre continent.

Ferencváros TC (se prononce Férèntsvarosh) :

Ce club emblématique du football hongrois porte le nom du IXème arrondissement de Budapest (qu’on peut traduire en français par Françoisbourg), situé côté Pest de la capitale, à l’est du Danube.

Il s’agit d’une véritable référence du football magyar ; avec 35 titres et 24 coupes, c’est le club le plus titré de Hongrie, et l’unique club hongrois à avoir remporté une coupe d’Europe : la Coupe des Villes de Foires 1965 (ancêtre de l’Europa League). C’est aussi la première formation magyare à avoir disputé les groupes de l’UEFA Champions League ; en 1995, Ferencváros s’est qualifié au détriment… d’Anderlecht. Le légendaire Flórián Albert, dit Czászár ou L’Empereur, ballon d’Or 1967, deux fois quart de finaliste de la Coupe du Monde (1962, 1966) et médaillé de bronze aux JO 1960 et à l’Euro 1964, y a passé l’intégralité de sa carrière. La rivalité entre les Aigles Verts et Újpest attire le plus de spectateurs dans le pays, tandis que l’Örökrangadó (le derby éternel) disputé contre le MTK Budapest met aux prises les deux clubs les plus prestigieux de la nation de Ferenc Puskás.

FK Bodø/Glimt (se prononce Boudeu-Glimt) :

Cap sur l’Arctique pour découvrir l’un des clubs en verve en Norvège à l’heure actuelle. La ville de Bodø, perchée juste au nord (67°16’N) du Cercle polaire, offre un déplacement long, périlleux, mais intimiste sur le gazon synthétique du petit stade Aspmyra. Le club arctique s’est extrait de l’ombre de Rosenborg et Molde en remportant le titre d’Eliteserien 3 fois lors des 4 dernières saisons (alors qu’il n’avait jamais été champion auparavant), et en atteignant les quarts de finale de l’édition inaugurale de la Conference League, en 2021-22.

Cette saison-là, l’aventure nordique de l’AS Roma a tourné au véritable blizzard, la Horde Jaune lui infligeant une véritable correction sur le score de 6 buts à 1 lors de la phase de groupes. L’épopée de Bodø/Glimt prendra finalement fin en quarts de finale contre ces mêmes Giallorossi, futurs vainqueurs du tournoi, non sans que le club ne leur inflige un deuxième revers en terres arctiques lors de la manche aller.

FC Midtjylland (se prononce Mityulaen) :

Un club très jeune, fondé en 1999 à l’initiative de deux hommes d’affaires, par la fusion de deux formations rivales : Ilkast FS et Herning Fremad. Il porte le nom danois de sa région d’origine, le Jutland central, située sur la péninsule qui forme la partie continentale du Royaume du Danemark. Les Loups se sont fait une place au timide soleil danois grâce à 4 titres et 2 coupes sur les 10 dernières années, et leur académie est l’une des plus prolifiques du football scandinave, pour avoir vu l’émergence de plusieurs internationaux actuels, tels Simon Kjær (ex-AC Milan), Joachim Andersen (Fulham) et Rasmus Kristensen (Eintracht Francfort).

PFC Ludogorets Razgrad :

Le nouveau riche de Bulgarie par excellence. Ludogorets n’était encore en 2010 qu’un modeste club de province, jusqu’à ce que Kiril Domuschiev, entrepreneur à succès dans l’industrie pharmaceutique, ne le transforme en véritable rouleau compresseur grâce à de colossaux investissements à l’échelle du football bulgare. En 2012, le club alors promu en Parva Liga remporte le premier de 13 titres consécutifs, plaçant les Aigles à la troisième place du palmarès du championnat, juste derrière les clubs historiques de la capitale, le CSKA et le Levski Sofia. Depuis sa première qualification en Europe en 2012, Ludogorets n’a échoué à se qualifier pour une phase de groupes qu’à deux reprises, et un stade flambant neuf, ainsi que 3 coupes de Bulgarie sont aussi venus garnir cette ville de 30000 habitants du nord-est du pays.

FK RFS :

Un club né sur les vestiges d’un monument du football letton, le Daugava Riga. À sa fondation, il arborait d’ailleurs le nom de celui qui fut jadis le plus célèbre club letton de l’époque soviétique, dissous en 1990, avant de devenir ensuite le club de la principale école de football à Riga (Rīgas Futbola skola). Le RFS s’est stabilisé dans l’élite du championnat letton à partir de 2016, n’a plus fini en-deçà de la troisième place depuis 2018, remportant une première coupe en 2019, le doublé en 2021, et un nouveau titre en 2023. N’est que le deuxième club de la nation balte à être parvenu à se qualifier pour une phase de groupes européenne, après le défunt Ventspils en 2009-10.

SK Slavia Praha :

Le Slavia Prague est l’un des clubs incontournables de Tchéquie. Il possède pour réputation d’être le club des intellectuels de Prague, alors que son grand rival, le Sparta, est le club de la classe ouvrière. Les deux pointures praguoises sont évidemment les deux équipes les plus titrées du pays. Le Slavia, pour qui le nom rend hommage aux terres habitées par les Slaves, joue en rouge et blanc, des couleurs qui symbolisent le coeur et le sang. Il a remporté 9 titres de champion à l’époque tchécoslovaque, 7 depuis l’indépendance. Ses supporters sont parfois perçus à tort – notamment par ceux du Sparta – comme issus d’une minorité juive. Les Červenobílí (les Rouge et Blanc) ont connu leur heure de gloire sur la scène continentale en 1996, en atteignant les quarts de finale de la Coupe UEFA, et en fournissant quatre joueurs (Karel Poborský, Vladimír Šmicer, Radek Bejbl et Jan Suchopárek) qui ont joué un rôle clé dans le parcours de la Tchéquie finaliste de l’Euro, disputé en Angleterre.

FC Viktoria Plzeň :

La ville de Plzeň, ou Pilsen, n’est plus uniquement connue en tant que ville d’origine des célèbres bières pils. Elle s’est imposée comme étant la deuxième capitale du football tchèque. Jusqu’à la fin des années 2000, l’équipe locale avait la réputation d’un club yo-yo ; elle faisait l’aller-retour régulièrement entre la première et la deuxième division. Mais depuis 2010, Viktorka bouscule complètement la hiérarchie dominée par ses rivaux de Prague : 6 titres de champion, 4 participations en phase de groupes de Champions League, et a fini chaque fois sur le podium du championnat, à une exception près. Personne n’a fait mieux sur ces 15 dernières années.

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