La Challenger Pro League, compétition que j’ai le plaisir de commenter en direct des stades belges une à deux fois par week-end sur DAZN, va reprendre ses droits ce vendredi 16 août 2024. Et chaque nouvelle saison apporte avec elle son lot d’interrogations. Aura-t-on encore droit à une lutte pour le titre comme celle de l’an dernier, qui fut l’une des plus palpitantes de l’histoire de ce championnat ? Qui accèdera à la Jupiler Pro League en mai prochain ? Quel sera le destin des clubs wallons ? Regardons ici les forces en présence.
Eupen et le RWDM : un ascenseur loin d’être garanti
Les premiers favoris auxquels on pense, dans une deuxième division, sont souvent ceux qui viennent de quitter l’élite. Mais la Challenger Pro League possède pour vertu d’être un championnat passionnant, avec de nombreuses équipes qui se démontrent capables de bousculer la hiérarchie. Le groupe de favoris est donc bien plus fourni qu’on ne le pense, et ce sera certainement encore le cas cette saison.
Eupen fera sans nul doute partie de ce groupe, car à l’exception de Pálsson et Slonina, le club germanophone a pu conserver son épine dorsale après sa relégation. Son nouvel entraîneur Mersad Selimbegović pourra donc compter sur pas mal de gars huppés au haut niveau. Au RWDM, c’est davantage l’inconnue. Il faudra surtout digérer les départs de Biron, Gueye, Camara et Defourny, et la gestion opérée par John Textor est souvent pointée du doigt pour ses erreurs de casting. Pour autant, Yannick Ferrera sait que sa saison sera jugée quoi qu’il arrive sur sa capacité à ramener les Coalisés en Division 1A.
Les supporters, eux, feront sans doute mieux d’afficher de l’humilité dans leurs exigences. En effet, l’histoire récente démontre que les équipes reléguées de la Jupiler Pro League mettent parfois du temps à revenir parmi l’élite, et que la cohésion de groupe prime sur les individualités quant il s’agit de gagner un titre en D1B. La débâcle de Zulte Waregem la saison passée, et la 2ème place de Beveren en 2023, malgré la présence du trio offensif Mbokani-Barry-Nsimba pour terroriser les défenses adverses, en sont la parfaite illustration.
Deinze et Lommel revanchards, Zulte Waregem et Beveren en quête de rédemption
Parmi les autres concurrents, on devrait retrouver Lommel encore en haut du classement. Le club limbourgeois possède évidemment le plus gros budget de la division, et a pu, comme Eupen, conserver aussi son épine dorsale. Deinze, de son côté, a peut-être trouvé les pièces manquantes de son puzzle pour parvenir à monter : Hernán Losada, qui a succédé à Hans Somers en tant que T1, peut compter sur l’expérience d’une promotion avec le Beerschot en 2020, et Thibaut Van Acker est un renfort de choix dans un entrejeu désormais orphelin de Teo Quintero. Enfin, Zulte Waregem, décevant 5ème en 2024, et Beveren, qui a carrément raté les playoffs, ne pourront pas se permettre de répéter les erreurs de l’an passé. Ces deux écuries feront davantage profil bas dans leurs ambitions : elles n’ont que peu recruté, conséquence d’investissements trop lourds sans l’amortissement d’une promotion au terme des exercices précédents.
Derrière : qui pour créer la surprise ?
Le Patro Eisden et le RFC Liège seront évidemment les premiers cités parmi les trouble-fête. Le Patro possède un noyau bien fourni, et nul doute que Stijn Stijnen le rendra encore très difficile à battre. S’ils affichent la même générosité et la même grinta que l’an dernier, les Sang et Marine de Gaëtan Englebert ne devraient pas avoir de souci à se faire. Dans le Hainaut, Dessoleil, Gies et Dewaest devraient offrir davantage de maturité aux Francs Borains. Et n’oublions pas non plus nos trois formations espoirs, capables du meilleur comme du pire dans la série. Les RSCA Futures devraient être davantage spectaculaires que l’an dernier, avec l’arrivée du prometteur Jelle Coen à leur tête.
Et dans le bas ?
En raison du départ de son capitaine Van Acker, de son coach Vandenbroeck, et de la politique autosuffisante du président Luc Van Thillo, le Lierse devra encore afficher des ambitions modestes. Seraing, sauvé grâce à la faillite d’Ostende, repart de zéro, avec un noyau davantage réduit. Les Métallos pourront toutefois toujours compter sur Mbaye Leye pour les inspirer : le bilan du coach Sénégalais lors du dernier tiers du dernier championnat était tout sauf celui d’une équipe relégable. Quant aux promus de La Louvière et Lokeren, leur modeste budget risque fort de jouer en leur défaveur en cet exercice, mais ces deux clubs iconiques du football belge comptent bien rester au niveau pro pour de bon et possèdent tout de même dans leurs rangs des arguments pour créer une véritable surprise.
Alors, qu’attendre de cette saison qui s’annonce comme l’une des plus intéressantes de la D2 belge ? Du spectacle et des incertitudes avant tout : le cocktail idéal pour une campagne passionnante. Rendez-vous en mai prochain pour les verdicts. Une chose est sûre : on ne dira pas non à autant de suspense que l’an passé !
Un avis sur « Challenger Pro League 2024-2025 : qui pour succéder au Beerschot ? »